TÊTE D'AFFICHE - Julien Dran
Originaire de Bordeaux, Julien Dran est issu d’une longue lignée d’interprètes lyriques. Son grand-père, André Dran, a connu une carrière prolifique à l’Opéra-Comique en plus de participer à plusieurs créations mondiales, et sa grand-mère, Monique de Pondeau, était une soprano reconnue. Son père, Thierry Dran, a suivi les traces de ses parents, et sa mère, Martine March, est aussi une soprano. Il va donc sans dire que Julien Dran a grandi dans le monde de l’art lyrique, et qu’on lui a transmis ses subtilités à un très jeune âge. Il confie cependant dans une entrevue donnée au média GBOPERA, en 2017, que de s’investir dans une carrière musicale n’était pas gagné d’avance pour lui. En effet, il a commencé par étudier en commerce avant de s’inscrire au conservatoire de Bordeaux en chant, sous l’impulsion de sa mère.
Depuis, Dran s’est investi dans un nombre impressionnant d’œuvres lyriques de tous types. Pas moins de 30 compositeurs et compositrices figurent à son répertoire, allant des grands noms comme Mozart, Puccini, Rossini et Verdi aux plus contemporains comme Dalbavie. Il s’y connait d’ailleurs plutôt bien en musique française, ayant interprété à maintes reprises des compositeurs de ce pays, comme Honneger, Fauré, et, bientôt, Massenet. Son agenda chargé ne fait pas d’ombre à la qualité de ses prestations, souvent soulignée dans la presse. Julien Delhom, il y a quelques semaines, a notamment fait honneur à la versatilité de son interprétation du rôle d’Iskra, dans un enregistrement de Mazeppa de Clémence de Grandval : « La voix développe une palette complète de couleurs évoquant tantôt un héroïsme quasi wagnérien, tantôt une sensibilité bouleversante d’humanité qui transparaît dans le phrasé ».
Cette description du jeu de Dran donne un avant-goût de ce qui attend le public à partir du 21 novembre à l’Opéra de Montréal. Le rôle de Werther étant empreint de romantisme et d’intensité, on s’attend à une démonstration de cette sensibilité et de cette humanité qui permettront à l’interprète de vraiment connecter avec le public.
S’il s’agit d’une première montréalaise pour Julien Dran, son passage avait marqué la ville de Québec il y a quelques années, lors de sa participation à l’opéra Lucia di Lamermoor en 2023. Notre collaboratrice Irène Brisson, qui avait fait la critique de l’œuvre, avait beaucoup apprécié son interprétation du rôle d’Edgar. Il avait aussi fait bonne impression en 2021 lors de sa participation, toujours à Québec, à L’elisir d’amore de Donizetti.
Julien Dran sera donc sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier les 21, 26 et 29 novembre où il interprétera le rôle de Werther dans l’opéra de Jules Massenet, coproduit par la Canadian Opera Company, le Vancouver Opera et l’Opéra de Montréal. Il sera accompagné de Julie Boulianne (Charlotte), de Sophie Naubert (Sophie), d’Hugo Laporte (Albert), de Tomislav Lavoie (Le Bailli), de Jeremy Scinocca (Schmidt), de Dante Mullin Santone (Johann), d’Élie Pellegrino (Brühlmann) et de Pascale Brigitte Boilard (Käthchen). Pour en savoir plus, c’est juste ici.
Photographie : Mirco Magliocca
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