TÊTE D'AFFICHE - Sarah Albu
Chanteuse expérimentale, performatrice, passionnée de science-fiction, Sarah Albu est une artiste qui possède de nombreuses cordes à son arc. Ayant suivi un parcours atypique par rapport à ce qui est habituel pour les artistes lyriques, ce sont ses passions pour la musique punk et la comédie musicale qui l’ont menée à étudier en chant à l’Université Concordia, puis en théâtre et en performance. Aujourd’hui, elle mène une carrière variée où se mélangent concerts de chant, composition, collaborations et performance.
Il est donc plutôt naturel que la directrice artistique de Chants Libres Marie-Annick Béliveau lui ait donné carte blanche pour la création d’un spectacle destiné à clôturer le Festival Opér’actuel, dont la programmation inclut des concerts mélangeant toutes sortes de disciplines. D’un opéra-danse interculturel présenté par Kripa Nageshwar aux ateliers d’improvisation vocale en passant par une session de pitch, le festival représente une vitrine pour l’art lyrique, et ce, dans une contemporanéité plus qu’actuelle, au cœur des préoccupations lyriques d’aujourd’hui. D’ailleurs, la définition de l’art lyrique que donne Albu s’y inscrit parfaitement : elle affirme que cette forme d’art inclut beaucoup plus de manières d’interpréter que « le chant traditionnellement appelé lyrique », passant notamment par la performance. Elle est d’ailleurs très reconnaissante envers la compagnie de « donner une chance à ce type d’expérimentation ».
En effet, le processus de création de la carte blanche correspond, selon Albu, à un « exercice de confiance totale ». Son idée originale? « Réunir les artistes et les œuvres qui peuvent tomber dans les craques de ce qu’on appelle “l’opéra” ». Pour ce faire, elle a opté pour la diffusion d’un appel d’œuvres, ce qui lui a permis d’élargir le spectre de possibilités : « c’est intéressant, parce que ça a donné un résultat complètement différent que ce que j’aurais choisi si ça avait été fait autrement », renchérit-elle. Cela permet aussi d’inclure les personnes issues du monde de la performance qui se sont dirigées vers la composition plus tardivement, et qui sont donc émergentes à leur manière, et de mettre de l’avant « différentes pratiques, voix et styles ». Le résultat reflète ces éléments, tout en s’inscrivant dans la continuité des intérêts d’Albu : plusieurs œuvres sont liées au thème de la science-fiction, et d’autres abordent des sujets politiques, comme le système de santé, par exemple.
Étant impliquée dans le monde de l’art expérimental depuis le début de sa carrière, Albu est habituée à cette manière de travailler. Dans ce milieu, il n’est pas rare que les spectacles soient planifiés sur la base de commandes de concepts, d’œuvres qui n’ont pas encore été composées et qui le seront spécialement pour un événement. La chanteuse considère qu’elle prend ce risque avec l’ensemble des artistes impliqués. Elle se réjouit d’ailleurs à l’idée qu’il y aura non pas une, mais bien trois performances de sa carte blanche lors du festival, ce qui est assez rare dans le monde de l’art lyrique contemporain. Non seulement cela permet de montrer le concert à un plus grand public, mais, selon Albu, un nombre multiple de représentations aide à son développement : « on apprend différemment quand on présente devant le public. Je le vois comme si on l’invitait dans notre processus de découverte de ces œuvres-là ».
Sarah Albu a déjà collaboré plusieurs fois avec Chants libres, et encore plus avec l’Ensemble Paramirabo, qui accompagnera le concert. Elle en fait partie depuis 2011, à l’époque où les projets de l’Ensemble étaient autoproduits dans une esthétique DIY, ce qui est bien différent aujourd’hui. L’artiste se réjouit néanmoins de renouer avec ces musiciens et musiciennes, ainsi que de rencontrer de nouvelles personnes créatrices de partout dans le monde.
Présenté par L’Opéra – Revue québécoise d’art lyrique, le spectacle Opér’actuel, carte blanche à Sarah Albu sera présenté le 25 septembre à 19h30 ainsi que le samedi 26 septembre à 14h30 et 19h30 à la Salle Paul-Buissonneau (Le Vivier). Le tout sera accompagné par l’Ensemble Paramirabo et dirigé par Stephen Mulligan. Pour les billets, c’est juste ici!
Photographie : Clayton Kennedy

