TÊTE D'AFFICHE - Jacques Leblanc
Metteur en scène et comédien ayant marqué le milieu du théâtre au Québec, Jacques Leblanc œuvre dans le domaine de l’art lyrique depuis maintenant plus de 25 ans. Le succès de ses productions d’opéra, tant dans des institutions d’enseignement comme la Faculté de musique de l’Université Laval que dans de grandes maisons d’opéra, comme l’Opéra de Québec et l’Opéra de Montréal, témoigne de sa notoriété. En entretien, nous discutons avec lui de sa nouvelle création : la mise en scène de La Bohème de Puccini, qui pourra être appréciée du 16 au 23 mai sur la scène du Grand Théâtre de Québec.
Ayant étudié le violon pendant 11 ans, Jacques Leblanc se destinait à une vie de musicien d’orchestre avant de bifurquer vers le théâtre. Depuis, il a mené une carrière de comédien et de metteur en scène prolifique. Mais au début des années 2000, il reçoit un appel qui s’avérera décisif pour la suite de ses activités : celui de Michel Ducharme, chanteur d’opéra et professeur à la Faculté de musique de l’Université Laval, qui l’invite à monter un cours de jeu spécifiquement conçu pour les étudiants en chant, ainsi qu’à mettre en scène une production étudiante annuellement. Leblanc a accepté sans hésiter, et a passé les 15 années qui ont suivi à travailler comme pédagogue dans cette institution. C’est sans doute cette expérience pédagogique qui a incité Bernard Labadie, jadis directeur de l’Opéra de Québec, à faire appel à Leblanc pour une production qui sera sa première mise en scène dans une institution d’opéra professionnelle, Hänsel und Gretel (2001). Depuis, il a mis en scène plusieurs productions à l’Opéra de Québec, à l’Opéra de Montréal, et sans compter toutes celles qu’il a effectuées pour la Faculté de musique de l’Université Laval. Aujourd’hui, le metteur en scène d’opéra voit son travail comme une symbiose de ses deux passions : la musique et le théâtre.
S’il connait bien la musique, Jacques Leblanc considère que l’apport des interprètes et du chef d’orchestre lui est très utile dans la mise en scène d’opéra, qu’il s’agit d’une réelle collaboration. Il travaille donc avec les interprètes d’égal à égal : « Je ne suis qu’un guide, si on veut, pour le jeu. J’essaie de leur proposer des idées qu’ils n’ont pas encore faites avec ces rôles-là, parce qu’en général, ils connaissent déjà bien les personnages qu’ils interprètent », renchérit-il. Il collabore aussi très étroitement avec le chef ou la cheffe d’orchestre, qu’il talonne dès les premières répétitions, et ce, pour avoir une bonne connaissance de la partition et de son avis sur celle-ci. D’ailleurs, Leblanc intervient parfois même musicalement : « Par exemple, s’il y a des points d’arrêt dans la partition, parfois, je désire que ceux-ci soient plus longs pour des raisons de mise en scène, de mise en place, ou de déplacement. Avec le ou la cheffe, on discute de ça. » Cette partie du travail de metteur en scène d’opéra est très appréciée par Leblanc.
Pour ce qui est de La Bohème, qu’il présentera à l’Opéra de Québec prochainement, Leblanc n’en est pas à sa première mise en scène ! Il y a 10 ans, il l’avait monté à l’Opéra de Québec, mais avec des moyens bien différents : « On devait monter l’œuvre avec des décors loués, donc mon travail a été fait à partir de ce qui était déjà là, qui était imposé. » Cette fois-ci, il s’agit d’une conception nouvelle sur laquelle Leblanc travaille depuis un an avec les concepteurs, ce dont il se réjouit vu le « rapport d’amour » qu’il entretient avec l’œuvre. En effet, il apprécie le réalisme et la beauté de l’intrigue, qu’il actualise grâce à la mise en scène : « Ça pourrait se passer aujourd’hui même. C’est l’histoire de jeunes artistes qui vivent en colocation pour pouvoir réussir à manger, payer le loyer, sortir une fois de temps en temps, payer le chauffage… » Leblanc voit aussi beaucoup de potentiel dans la mise en scène de l’œuvre en raison des intrigues amoureuses, ainsi que du rapport à la santé, à la maladie et à la mort, cette dernière devant être introduite « avec délicatesse, doigté et finesse ». Par ailleurs, la musique de Puccini évoque chez Leblanc de nombreuses indications pour la mise en scène : « La musique est extrêmement imagée. C’est une célébration de la vie. »
La Bohème de Puccini sera présentée à l’Opéra de Québec du 16 au 23 mai 2026, dans une mise en scène de Jacques Leblanc. On pourra y entendre l’Orchestre symphonique de Québec accompagné de Riccardo Della Sciucca (Rodolfo), Alexandra Marcellier (Mimi), Hugo Laporte (Marcello), Élisabeth Boudreault (Musetta), Geoffroy Salvas (Schaunard), Tomislav Lavoie (Colline), ainsi que Robert Huard (Benoît). Pour les billets, c’est juste ici.
Photographie : Jessica Latouche

