TÊTE D'AFFICHE - Levy Sekgapane
Photographie : Sheren Hustler
Le ténor Levy Sekgapane sera à Montréal les 10 et 11 décembre pour interpréter le Messie de Haendel avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Sa relation privilégiée avec l’œuvre, qu’il a découverte alors qu’il était encore enfant et qu’il a interprétée quatre fois depuis, fait de lui un interprète incontournable de cette œuvre traditionnellement jouée pendant la période des Fêtes.
Au début de ses études, Levy Sekgapane n’envisageait pas une carrière en chant lyrique. Alors qu’il étudiait le piano, il a rapidement compris qu’une carrière dans cet instrument n’était pas sa voie. C’est plutôt vers le chant, puis l’opéra, qu’il s’est tourné car c’était une discipline qui lui venait plus naturellement. Originaire d’Afrique du Sud, ce changement de domaine d’étude l’a emmené en Allemagne, où il a pu se mettre au chant plus professionnellement. Le répertoire avec lequel il a commencé était celui de Rossini, que Sekgapane considère comme assez singulier : la rapidité et les défis techniques en font un choix qui ne convient pas à toutes les voix. Dès sa dernière année de maîtrise, on lui a attribué le rôle du comte Almaviva dans le Barbier de Séville, qui est aussi très ardu sur le plan de l’endurance. Cette expérience a confirmé à ses professeurs l’affinité vocale que Sekgapane avait avec le répertoire rossinien, ce qui l’a lancé dans le monde professionnel, mais également éloigné du reste : « À partir du moment où j’ai commencé ma carrière, je n’ai chanté que du Rossini pendant cinq ans! », lance-t-il. Néanmoins, plus tard, le fait de connaître le bel canto lui a permis de s’attaquer à d’autres œuvres qui usaient de la même technique vocale. Selon lui, la voix change en vieillissant et devient moins adaptée à ce répertoire, ce qui fait que maintenant, Sekgapane ne chante presque plus de Rossini.
Aujourd’hui bien installé en Europe, Sekgapane se sent toujours interpellé par la conception du chant choral de son pays d’origine. Là-bas, c’est un élément clé de la vie de tous les jours : « En Afrique du Sud, on chante partout : lors des mariages, à l’église, c’est là que le don du chant naît en général. Même nos équipes sportives chantent avant les compétitions dans leur loge pour se donner du courage. Ma famille n’est pas formée en musique classique, mais quand j’étais jeune, nous chantions tous les soirs ! » C’est donc dans les chorales d’églises que Sekgapane a appris le chant pendant son enfance. À 15 ans, il a déménagé au Cap pour apprendre le piano, dont il est toujours passionné.
Levy Sekgapane partage une relation particulière avec le Messie de Haendel, qu’il interprétera à Montréal dans les prochains jours : il affirme avoir grandi avec l’œuvre. Avant même de savoir chanter, Sekgapane a découvert le Messie en fouillant dans les disques de son frère ainé, qui était alors étudiant en musique. Il est vite tombé complètement amoureux de l’œuvre : « Dès que je l’ai entendue une première fois, je me suis mis à l’écouter à tous les jours du début à la fin ! ». Pendant ses études en chant, il y a été très vite été exposé, ce qui a approfondi sa connexion avec l’œuvre. Aujourd’hui, Levy Sekgapane a développé une véritable expertise du Messie, puisqu’il s’agira de la cinquième fois qu’il l’interprétera en entier avec un orchestre professionnel. Selon lui, le caractère baroque de la pièce, ainsi que les techniques de chant qui y sont utilisées, constituent de grands défis sur le plan de l’interprétation. Il considère que le texte biblique et la manière dont les airs se succèdent font du Messie de Haendel une pièce qui est non seulement intéressante pour le public, mais aussi pour les artistes lyriques qui l’interprètent.
Le ténor Levy Sekgapane fera ses débuts à Montréal les 10 et 11 décembre prochains, lorsqu’il interprétera le Messie de Haendel à la Maison symphonique. Il y sera accompagné de Lucy Crowe, soprano, Luciana Mancini, alto, Roderick Williams, basse, ainsi que de l’Orchestre symphonique de Montréal, qui sera dirigé par Raphael Payare. Pour vous procurer des billets, c’est ici !

