TÊTE D'AFFICHE - Léa Moisan-Perrier
Le parcours de Léa Moisan-Perrier est un hommage à son amour de l’opéra. Alors étudiante au baccalauréat en piano au Conservatoire de musique de Montréal, elle s’est vite intéressée à l’accompagnement du chant lyrique. Après des cours de diction et de chant, elle a entamé un baccalauréat en chant classique à l’Université de Montréal en même temps qu’une maîtrise en direction de chœur à l’Université de Sherbrooke. C’est après plusieurs années d’expérience dans le milieu qu’elle a décidé d’entreprendre une autre maîtrise aux côtés de Jacques Lacombe et de Jean-Marie Zeitouni, en direction d’orchestre cette fois-ci. En 2023, elle a intégré l’Académie de direction de l’Orchestre Métropolitain, où elle a vécu ses premières expériences d’assistanat auprès de Yannick Nézet-Séguin pour des œuvres comme Aïda de Verdi, présentée en concert de clôture du Festival de Lanaudière en 2024. Aujourd’hui, la cheffe d’orchestre et de chœur assume le poste de directrice artistique pour l’Orchestre symphonique de l’Estuaire et pour le Chœur de l’Église St. Andrew & St. Paul de Montréal, en plus de celui de cheffe assistante auprès de Yannick Nézet-Séguin pour la saison 2025-2026 de l’Orchestre Métropolitain. Avec la présence de l’ensemble au sein du Festival Lanaudière, elle se retrouve mobilisée à la fois pour l’assistance au chef d’orchestre et pour la direction du chœur.
Après l’expérience très positive de l’année dernière avec Aïda, Léa Moisan-Perrier est heureuse de reprendre la baguette de direction pour le chœur de Tristan und Isolde dans quelques semaines. Comme elle ne prendra pas place sur la scène durant le concert – cette tâche est assumée par le chef d’orchestre qui dirige l’ensemble des interprètes, incluant les choristes, les solistes et les instrumentistes –, son rôle est de préparer le chœur lors des répétitions. L’opéra sera présenté en version concert, ce qui signifie qu’il n’y a pas de mise en scène ni de déplacements à prévoir pour le chœur. La tâche de Léa Moisan-Perrier consiste exclusivement à perfectionner les interventions vocales du chœur, qui sont brèves mais volumineuses. Bien que le chœur de cet opéra ne soit composé que de ténors et de basses, le répertoire wagnérien demande typiquement des ensembles vocaux d’une cinquantaine de personnes ; en d’autres mots, le son aura une puissance naturelle qu’il faudra savoir utiliser avec finesse selon le moment de l’œuvre. « Comme leurs interventions sont petites mais capitales pour le déroulement de l’histoire et pour la progression musicale, il faut qu’elles soient convaincantes ! », précise la cheffe assistante.
En raison du temps de répétition assez limité, Léa Moisan-Perrier n’a qu’une répétition avec le chœur avant que celles avec orchestre et solistes débutent sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Elle doit donc rapidement donner le plus d’indications que possible avant que la masse sonore se rassemble. Elle prend ensuite un rôle d’auditrice durant les répétitions générales, en s’asseyant à différents endroits dans la salle de répétition (typiquement la Maison symphonique) pour prendre en note les modifications à apporter sur le plan de l’équilibre sonore ou de la musicalité, qu’elle partage avec le chef d’orchestre par la suite.
Le jour du concert, la générale a lieu à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, sur les lieux du Festival de Lanaudière, quelques heures avant la prestation. Le placement des solistes et du chœur sur la scène sera déjà déterminé en fonction des possibilités spatiales ; dans cet opéra de Wagner, par exemple, le chœur chante habituellement en coulisse pour donner un effet de distance, mais ici il devra se situer sur scène en raison de l’espace limité. La cheffe assistante s’assoit également à nouveau dans la salle, à la place du public, pour veiller à ce que la musique soit projetée adéquatement. « L’acoustique de l’amphithéâtre est excellente, mais comme chaque salle de concert a ses particularités, il faut quand même prendre le temps d’écouter et de rééquilibrer au besoin », précise-t-elle. L’environnement idyllique du Festival de Lanaudière est le parfait lieu pour une version concert de ce grand opéra de Wagner interprété par un orchestre d’ici : c’est une prestation à ne pas manquer !
Pour assister au concert de clôture du Festival Lanaudière, présenté par l’Orchestre Métropolitain, vous pouvez vous procurer des billets ici.

