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ATELIER D’OPÉRA DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE MONTRÉAL

ATELIER D’OPÉRA DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE MONTRÉAL

Les conservatoires de musique et d’art drama­tique du Québec ont été fondés en 1942 sous l’impulsion de Wilfrid Laurier, qui déplorait le manque de musiciens professionnels québécois. Le premier conservatoire a d’abord vu le jour à Québec, suivi d’un second à Montréal l’année sui­vante. Le but visé était d’offrir une formation spé­cialisée et laïque à une époque où le clergé jouait encore un rôle prépondérant dans l’éducation.

Si l’instruction au Conservatoire a d’abord été orientée vers la musique instrumentale, le chant y a fait son entrée en 1951, avec un corps ensei­gnant composé de la soprano Ria Lenssens (qui assurait également les cours de solfège et de dictée musicale) et des barytons Martial Singher et Roger Filiatrault. À ces pédagogues se sont ajoutés Raoul Jobin, Léopold Simoneau, Ruzena Herlinger, Lina Narducci, Heinz Rehfuss, Daniel Ferro, Rachele Maragliano-Mori et Pierre Mollet. À partir des années 1970, on compte Fernande Chiocchio, Rose Bampton, Marie Daveluy, Jeannine Lachance et André Turp, auxquels se sont ajoutés Gabrielle Lavigne, Adrienne Savoie, Donna Brown et Aline Kutan à l’aube du nouveau millénaire.

Quant à l’Atelier d’opéra, il faudra vraisemblablement attendre l’arrivée de Dick Marzollo en 1953, désigné comme professeur de chant pour l’opéra dans l’Encyclopédie canadienne, pour que se développe l’art lyrique. Il demeure toutefois difficile de retracer la date exacte de la première production d’opéra du Conservatoire.

Depuis 2018, c’est le pianiste Romain Pollet qui dirige l’Atelier lyrique, ayant succédé à Olivier Godin, qui a occupé le poste pendant une quinzaine d’années. Depuis plus de vingt ans, la tradition du Conservatoire est de présenter une production lyrique annuelle au mois de février, dont la préparation débute au mois d’août à raison de six heures par semaine.

Désireux de maintenir la qualité de l’un des environnements pédagogiques les plus sti­mulants pour la relève musicienne selon lui, Romain Pollet a pour objectif d’amener les étudiants dès le niveau collégial à monter une production de calibre professionnel. Accordant une grande importance tant à la qualité musi­cale qu’à la qualité de la scénographie, il recon­naît devoir être inventif pour composer avec les moyens permis par la nature publique du Conservatoire, mais il s’avoue très fier des deux premières productions qu’il a dirigées depuis son entrée en fonction.

En février 2018, l’Atelier présentait Die Fleder­maus de Strauss sous la direction d’Alain Trudel et dont la mise en scène a été signée par Isabeau Proulx-Lemire. Selon Romain Pollet, l’une des particularités de cette production a été d’avoir fait appel à un ancien élève du Conservatoire d’art dramatique pour tenir les rôles parlés, ce qui a permis des échanges interdisciplinaires fort fructueux : les étudiants ont pu entrer en contact avec de nouvelles manières de travailler le jeu, approfondissant notamment leur expres­sivité. Comme le souligne le directeur, la proxi­mité des deux écoles – musique et art drama­tique – génère un microcosme très intéressant pour la production d’oeuvres lyriques.

Depuis peu, les productions de l’Atelier sont présentées au Théâtre rouge du Conservatoire, dont la scène surélevée a pour avantage de libérer plus d’espace pour le jeu, permettant ainsi la programmation d’oeuvres de plus grande ampleur. La production prévue à l’hiver, Cendrillon de Massenet, témoigne justement de cette réalité, alors que les 21 chanteurs du Conservatoire seront joints par 25 choristes du choeur les Voix parallèles de l’École de musique Vincent-d’Indy, et dont la direction sera confiée à Jacques Lacombe. Romain Pollet se dit grandement emballé par ce projet, qui mobilise une équipe encore plus importante que l’an dernier.

Quant à la mise en scène, elle sera à nouveau imaginée par Isabeau Proulx-Lemire. Le directeur de l’Atelier affirme apprécier le travail du comédien et metteur en scène, qui provient d’abord du milieu du théâtre, mais qui détient également une formation de chanteur. Selon Romain Pollet, par l’attention particulière qu’il accorde aux liens entre texte et musique, le metteur en scène permet aux étudiants de se plonger dans l’analyse des scènes afin d’approfondir le travail dramatique. Le chef de chant nous confiait par ailleurs que la scénographie de Cendrillon puiserait dans l’imagerie des contes de fée et des livres-théâtre où se déploient des décors avec éléments mobiles à chaque page. Il nous promet également des projections pour dynamiser la production, de quoi nous inciter à aller voir le résultat final en février prochain !


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